Le coffre est plein, la voiture démarre à 6 h du matin pour « éviter les bouchons », et cinq cents kilomètres séparent la maison de la location. C’est le scénario le plus banal de l’été, et c’est aussi celui qui concentre le plus de risques. Voici ce que disent les chiffres, et les cinq réflexes qui changent réellement quelque chose.

1. La pause n’est pas une perte de temps
Sur autoroute, un accident mortel sur trois est associé à la somnolence. C’est la Sécurité routière qui le dit, et c’est le premier facteur de mortalité sur ce réseau — devant la vitesse, devant l’alcool.
La règle est simple et elle ne se négocie pas : une pause d’au moins vingt minutes toutes les deux heures. Pas une pause carburant où l’on reste debout à côté de la pompe : une vraie coupure, où l’on sort de la voiture, où l’on marche, où l’on quitte la position de conduite.
Le piège, c’est de croire qu’on tiendra. Les signes d’alerte sont pourtant très reconnaissables : les paupières qui deviennent lourdes, les bâillements en série, le besoin de changer sans arrêt de position, la nuque raide, et surtout ce moment où l’on ne se souvient plus des derniers kilomètres parcourus. Quand ces signes apparaissent, il est déjà tard. Le seul remède est le sommeil : une sieste de quinze à vingt minutes sur une aire de repos, pas un café avalé en roulant.

2. La vigilance se prépare la veille
Un départ à 5 h du matin après une journée de travail et une nuit de quatre heures passée à finir les valises, c’est un départ avec une dette de sommeil déjà constituée. La vigilance ne se décrète pas au volant, elle se prépare la veille : une nuit complète, des bagages préparés l’avant-veille, et un départ décalé d’une heure ou deux plutôt qu’une nuit écourtée.
Deux moments de la journée sont particulièrement critiques : le créneau de 2 h à 5 h du matin, et celui de 13 h à 15 h, où le rythme biologique fait naturellement chuter la vigilance. Ce sont précisément les heures que beaucoup choisissent pour « prendre de l’avance ».
Et si vous êtes deux à pouvoir conduire, alternez avant d’être fatigué, pas après.
3. Le téléphone : le risque est mesuré, il est énorme
Téléphoner en conduisant multiplie par trois le risque d’accident. Lire un SMS le multiplie par vingt-trois. Ces deux chiffres sont ceux de la Sécurité routière, et ils suffisent à clore le débat.
La raison est physique autant que cognitive : à 130 km/h, les cinq secondes passées à lire un message représentent 180 mètres parcourus sans regarder la route. Presque deux terrains de football, à l’aveugle.
Sur le plan juridique, l’usage du téléphone tenu en main au volant est sanctionné d’une amende forfaitaire de 135 € et du retrait de 3 points. Et depuis 2020, si l’infraction s’accompagne d’une autre infraction au code de la route, les forces de l’ordre peuvent procéder à la rétention immédiate du permis de conduire. Les oreillettes et casques audio sont également interdits ; seuls les dispositifs intégrés au véhicule restent autorisés — sans pour autant supprimer la distraction.
Le réflexe qui marche : le téléphone en mode conduite ou en mode avion, hors de portée de main, avant de démarrer. On consulte à la pause.

4. L’hydratation, le facteur qu’on oublie
Un habitacle exposé au soleil, la climatisation qui assèche l’air, et l’on boit rarement en roulant. Résultat : une déshydratation légère s’installe sans qu’on la remarque. Ses effets ressemblent à s’y méprendre à ceux de la fatigue : baisse de la concentration, temps de réaction allongé, maux de tête, irritabilité.
De l’eau à portée de main, un verre à chaque pause, et l’on évite les boissons sucrées et l’excès de café qui produisent un coup de fouet suivi d’une chute. Pensez aussi à la température de l’habitacle : au-delà de 25 °C, la vigilance se dégrade.
5. La courtoisie n’est pas de la politesse, c’est de la sécurité
Dans les bouchons du chassé-croisé, l’énervement coûte cher. Se rabattre trop court, coller le véhicule de devant, refuser une insertion : chacun de ces gestes supprime la marge dont l’autre a besoin pour corriger une erreur.
Trois repères concrets. La distance de sécurité se mesure en temps, pas en mètres : deux secondes entre le passage d’un point fixe par le véhicule de devant et le vôtre, et le double par temps de pluie. Le clignotant prévient au lieu de surprendre. Et le couloir de secours, en cas de ralentissement sur autoroute, se forme en se serrant à gauche pour la file de gauche et à droite pour les autres : c’est ce qui permet aux secours de passer.
Et pour l’employeur, ça change quoi ?
Tout, en réalité. Le risque routier reste la première cause de décès liés au travail en France, accidents de mission et de trajet confondus. Un salarié qui prend la route pour rejoindre un chantier, un commercial qui enchaîne les rendez-vous, un formateur qui traverse la région : ce sont des situations de travail, avec les obligations de prévention qui vont avec.
Concrètement, cela veut dire intégrer le déplacement au document unique, questionner l’organisation qui pousse un salarié à partir à 5 h pour être à l’heure, poser une règle claire sur le téléphone pendant les trajets professionnels, et cesser de considérer le temps de route comme du temps récupérable sur le reste.
Vos équipes prennent la route toute l’année
Sensibilisation au risque routier professionnel, en intra sur votre site. Dites-nous votre contexte : proposition sous 48 h.
Sources : Sécurité routière (securite-routiere.gouv.fr), rubriques « La fatigue et la conduite » et « Le téléphone et la conduite » ; code de la route, article R. 412-6-1.
Transparence — contenu assisté par intelligence artificielle. Cet article a été rédigé avec l’aide d’un système d’intelligence artificielle, puis relu et validé sur le fond par Destination Prévention, qui en assume la responsabilité éditoriale. Mention faite au titre de l’article 50 du règlement (UE) 2024/1689 sur l’intelligence artificielle. Illustration : Adobe Stock.