Sauveteur secouriste du travail : combien de SST faut-il dans votre entreprise ?

Un collègue qui s’effondre dans l’atelier, une coupure profonde à la découpe, un malaise en pleine réunion : dans les premières minutes, ce ne sont ni le SAMU ni les pompiers qui sont sur place — ce sont vos salariés. En 2024, la branche Risques professionnels de l’Assurance Maladie comptait encore 26,4 accidents du travail pour 1 000 salariés, malgré une baisse de 1,1 % par rapport à 2023. Derrière la statistique, une question très concrète pour l’employeur : qui, dans votre effectif, sait protéger, alerter et secourir ? Combien faut-il de sauveteurs secouristes du travail (SST), à quels postes, et comment les maintenir à jour ? La rentrée, au moment où se construisent les plans de formation, est le bon créneau pour y répondre.

1. Ce que dit (vraiment) le code du travail

Tout part de l’obligation générale de sécurité : « l’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs » (article L. 4121-1). Organiser les premiers secours en fait partie, et deux articles du code du travail viennent le préciser. L’article R. 4224-15 d’abord : un membre du personnel doit recevoir « la formation de secouriste nécessaire pour donner les premiers secours en cas d’urgence » dans chaque atelier où sont accomplis des travaux dangereux, et sur chaque chantier employant vingt travailleurs au moins pendant plus de quinze jours où sont réalisés des travaux dangereux. Le même article rappelle que ces salariés formés ne remplacent pas les infirmiers.

L’article R. 4224-16 ensuite : en l’absence d’infirmier — c’est-à-dire dans l’immense majorité des TPE et PME — l’employeur prend, après avis du médecin du travail, les mesures nécessaires pour assurer les premiers secours aux accidentés et aux malades. Ces mesures s’écrivent : elles sont consignées dans un document tenu à la disposition de l’inspection du travail. Protocole d’alerte, numéros d’urgence, trousse de secours, liste des secouristes : le dispositif doit exister noir sur blanc, pas seulement dans les têtes.

Et le fameux ratio de secouristes ? Contrairement à une idée reçue tenace, il n’existe aujourd’hui aucun quota réglementaire. Les anciennes circulaires qui préconisaient 10 % de l’effectif ont été abrogées, comme le rappelle l’INRS dans son focus juridique sur la formation aux premiers secours : le nombre de secouristes dépend des besoins spécifiques et des risques propres de chaque entreprise. Autrement dit, la bonne question n’est pas « quel pourcentage ? » mais « suis-je couvert partout, tout le temps ? ».

Salariés réunis en briefing sécurité dans un atelier industriel
Travaux dangereux dans l’atelier ? Le code du travail impose au moins un secouriste formé sur place — et chacun doit savoir qui c’est.

2. Quatorze heures qui font bien plus que du secourisme

La formation SST, encadrée par l’INRS et le réseau Assurance Maladie – Risques professionnels, dure 14 heures en initiale. Le certificat est valable deux ans ; il se prolonge par un maintien et actualisation des compétences (MAC) de 7 heures, tous les 24 mois. Le programme couvre toute la chaîne du secours — protéger, examiner, faire alerter, secourir — sur des cas concrets : saignement abondant, étouffement, malaise, brûlure, traumatisme, victime inconsciente, arrêt cardiaque avec mise en œuvre du défibrillateur. Et détail qui a son importance pour vos recrutements et vos élus : le titulaire d’un certificat SST à jour est réputé détenir l’unité d’enseignement PSC1 (prévention et secours civiques de niveau 1), en application de l’arrêté du 5 décembre 2002.

Mais réduire le SST aux gestes d’urgence serait passer à côté de la moitié de sa valeur. La formation comporte un volet prévention : repérer les situations dangereuses, les signaler, contribuer à la démarche d’évaluation des risques. Les chiffres publiés par l’INRS le confirment : plus d’un million de salariés sont formés ou recyclés chaque année, et selon l’enquête menée en 2019 auprès de 1 800 salariés formés, près d’un SST sur deux a déjà porté secours sur son lieu de travail, 98 % de ceux-là ont jugé la formation utile au moment d’agir, et 43 % des salariés formés ont proposé des actions de prévention à leur employeur. Un SST, c’est donc à la fois un premier maillon de la chaîne de secours et un capteur de prévention au quotidien — deux fonctions que peu d’investissements de 14 heures peuvent revendiquer.

Formateur en prévention s'adressant à un groupe de salariés dans les locaux de l'entreprise
Deux ans de validité, sept heures de recyclage : un SST ne reste opérationnel que si le MAC est planifié avant l’échéance.

3. Combien de SST, et où ? Raisonnez en couverture, pas en quota

Puisqu’il n’y a pas de ratio imposé, c’est votre évaluation des risques qui dimensionne le dispositif. Le raisonnement se mène unité de travail par unité de travail, en partant du DUERP : où sont les travaux dangereux, les machines, les produits chimiques, le travail isolé ? Puis on croise avec l’organisation réelle du temps de travail : équipes en 2×8 ou 3×8, travail de nuit, week-end, chantiers extérieurs, déplacements. Un site qui affiche fièrement six SST n’est pas couvert si les six travaillent du lundi au vendredi en horaires de journée et que la production tourne la nuit.

Il faut ensuite intégrer l’usure naturelle du dispositif : congés, absences, départs, mobilité interne. Prévoir une redondance — plusieurs secouristes par équipe plutôt qu’un seul — évite que la couverture repose sur une personne. C’est aussi le sens de l’avis du médecin du travail prévu à l’article R. 4224-16 : le dispositif de secours se construit avec lui, en cohérence avec les risques identifiés. Enfin, gardez un œil sur les échéances : un certificat SST expiré sans MAC, et votre secouriste n’est plus à jour. Le suivi des dates de validité fait partie du dispositif au même titre que la formation initiale — et ces formations ont désormais vocation à être déclarées dans le passeport de prévention, qui s’ouvrira aux salariés le 16 novembre 2026.

Dernier argument pour dimensionner large : la prévention. Le rapport annuel 2024 de l’Assurance Maladie – Risques professionnels enregistre une hausse de 6,7 % des maladies professionnelles, dont environ 90 % de troubles musculosquelettiques. Des salariés formés à repérer et signaler les situations à risque, présents dans chaque équipe, c’est un réseau de vigilance qui travaille pour votre DUERP toute l’année — pas seulement le jour de l’accident.

Salarié complétant un document d'évaluation des risques avant la prise de poste
Le DUERP d’abord : c’est l’évaluation des risques qui dit combien de secouristes il faut, à quels postes et sur quels horaires.

Et pour l’employeur, ça change quoi ?

Quatre chantiers simples pour cette rentrée. L’inventaire, d’abord : listez vos SST, leurs dates de certificat, et repérez ceux dont le MAC arrive à échéance dans les douze mois — c’est maintenant qu’on réserve les sessions, pas le mois de l’expiration. La cartographie, ensuite : posez vos secouristes sur votre organisation réelle — sites, équipes, horaires, chantiers — et cherchez les trous dans la raquette ; l’atelier à travaux dangereux sans secouriste identifié, c’est le premier écart que relèvera l’inspection du travail. Le document, encore : vérifiez que votre organisation des secours est écrite, à jour et connue — protocole d’alerte, emplacement des trousses et du défibrillateur, affichage des numéros d’urgence — et qu’elle a bien reçu l’avis du médecin du travail. La traçabilité, enfin : conservez les certificats et pensez à la déclaration dans le passeport de prévention. Et si vous n’avez encore aucun SST, la question n’est pas de savoir si vous êtes strictement dans les clous : le jour où quelqu’un s’effondre, les quatre premières minutes n’attendent ni l’inspection ni le SAMU.

Formez vos sauveteurs secouristes du travail

Destination Prévention forme vos équipes en intra, partout en France : SST initiale (14 h), maintien et actualisation des compétences (MAC, 7 h) et sensibilisation à la conduite à tenir en cas d’accident et de malaise (CATAM). Formateur certifié, mises en situation sur vos postes de travail.


Sources : code du travail, articles L. 4121-1, R. 4224-15 et R. 4224-16 (code.travail.gouv.fr) ; INRS — « Quelles sont les obligations de l’employeur en matière de formation aux premiers secours ? » (focus juridique), pages formation « Sauveteur secouriste du travail » et communiqué de presse du 3 décembre 2019 (enquête Cemka auprès de 1 800 salariés formés et 250 chefs d’entreprise) ; rapport annuel 2024 de l’Assurance Maladie – Risques professionnels (novembre 2025) ; réponse ministérielle à la question écrite n° 30273, Assemblée nationale (équivalence SST/PSC1, arrêté du 5 décembre 2002).

Transparence — contenu assisté par intelligence artificielle. Cet article a été rédigé avec l’aide d’un système d’intelligence artificielle, puis relu et validé sur le fond par Destination Prévention, qui en assume la responsabilité éditoriale. Mention faite au titre de l’article 50 du règlement (UE) 2024/1689 sur l’intelligence artificielle. Illustrations : Adobe Stock.